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Le corps, lui, se fait lourd. Chaque mouvement coûte. Chaque respiration rappelle qu’on est blessé, quelque part, de façons qu’on ne comprend pas encore tout à fait. Les muscles semblent ne plus reconnaître les ordres qu’on leur envoie. On se sent un peu spectateur de soi-même, comme derrière une vitre.
L’un des aspects les plus déstabilisants du récit ? La perte de la voix. Pas uniquement au sens physique — même si la gorge desséchée par les médicaments, les pensées embrumées par les antidouleurs, les mots qui s’effacent avant même d’être prononcés, tout ça est bien réel. C’est surtout ce que cette absence représente : une mise entre parenthèses de son identité.