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« Ma fille m’a appelé en pleine nuit : “Papa, je suis au commissariat… mon beau-père m’a frappée. Mais maintenant, il leur dit que c’est moi qui l’ai attaqué. Et ils le croient !” Quand je suis arrivé au poste, l’agent de garde a pâli et a bégayé : “Je suis désolé… je ne savais pas.” »

L’ambiance a changé. Marc-Antoine a commencé à s’agiter, a demandé un avocat. Cléo, en revanche, a respiré pour la première fois. Le chef de poste a corrigé la procédure : Cléo passait au statut de victime, et le protocole pour violences intrafamiliales était activé. J’ai ressenti un soulagement immense, mais aussi une rage sourde en pensant à quel point tout avait failli mal tourner.

Une nouvelle déposition a été prise. Cléo a parlé avec clarté, sans exagérer. Elle a raconté des épisodes précédents, des bousculades, des cris, le contrôle de son argent. La légiste a ajouté que les hématomes avaient des âges différents. L’avocat commis d’office de Marc-Antoine est arrivé en retard et pressé.

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