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« Ma fille m’a appelé en pleine nuit : “Papa, je suis au commissariat… mon beau-père m’a frappée. Mais maintenant, il leur dit que c’est moi qui l’ai attaqué. Et ils le croient !” Quand je suis arrivé au poste, l’agent de garde a pâli et a bégayé : “Je suis désolé… je ne savais pas.” »

À six heures du matin, la décision est tombée : placement en garde à vue pour Marc-Antoine pour coups et blessures et dénonciation calomnieuse. Il n’y a pas eu de célébration, juste de l’épuisement. J’ai signé des papiers, demandé une copie de tout. L’agent qui avait bafouillé en me voyant s’est excusé. « On a échoué quand on n’a pas écouté », a-t-il dit. J’ai apprécié l’honnêteté, mais je savais que ce n’était pas suffisant.

Nous sommes sortis alors que le jour se levait. J’ai accompagné Cléo à l’hôpital pour compléter le rapport médical, puis chez ma sœur Anne, où elle pourrait se reposer. Nous avons peu parlé. Le silence était lourd, mais ce n’était plus un silence de peur, mais de deuil pour ce qui avait été vécu.

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